Rue de Verneuil

<3

Aujourd’hui, je rends les clés de ma chambre rue de Verneuil. Je vais fermer la porte de mon cocon, descendre la cage d’escalier pour la dernière fois. Il est midi, on doit être en train de préparer le déjeuner. À chaque étage une nouvelle odeur: des petits oignons mijotent au 3ème, un gratiné est bientôt prêt au 1er… C’est une journée comme les autres. Le petit chat de la cour que j’ai baptisé Rufus sera posé sur son paillasson, comme toujours. Je lui adresserai mon “Hey Rufus!” quotidien et laisserai derrière moi mon immeuble, où la vie continuera.

En juillet 2015, je poussai la grande porte verte de mon immeuble, numérotée 33, que nombreux d’autres ont poussé avant moi (parmi lesquels Juliette Gréco et Françoise Sagan!). Je signai un baille de 12 mois. Mes attentes étaient nulles: après 3 ans de hauts et de bas, d’histoires de famille, d’angoisses à l’université, d’amitiés difficiles, mon amoureux à l’autre bout du monde, je voyais cette année à Paris comme une autre année à tuer.

Qui aurait su que j’allais passer la plus belle année de ma vie? J’allais redécouvrir qu’il est possible d’être heureux, malgré l’absence de sa moitié. De se réveiller tous les matins et de sourire, d’adorer chaque instant d’une journée bien remplie, de laisser les saisons s’écouler, de laisser la Seine monter et descendre, sans même s’en rendre compte. Tout d’un coup, nous sommes en août et c’est fini. C’est fini. J’ai beau essayer de comprendre pourquoi c’est fini… Quand le bonheur est là, il semble sans fin. J’ai beau m’expliquer pourquoi il faut partir. La raison n’y est pas. Mon cœur n’arrive pas à se faire à l’idée de dire au revoir à cette vie. Il est lourd et sanglote quand je repense aux rues désertes du dimanche matin, aux promenades dans les Tuileries, aux pauses goûter sur l’Île Saint Louis, aux passages quotidiens d’une rive à l’autre, aux gens que j’ai rencontrés cette année et qui ont fait partie de ma vie, aux lumières le soir, et aux opportunités incroyables qui me serviront pour les années à venir…

Un grand merci à:
-la boulangerie Eric Kayser rue du Bac, en bas de chez moi pour les 2kilos en trop
-mes amis qui ont fait de cette “year abroad” une année inoubliable
-le CMG Palais Royal pour m’avoir aidé à compenser les croissants et le pain (vu à quel point je mange, ça n’a pas été facile!)
-les artistes de rue (à l’exception du violoniste du Pont des Arts – si quelqu’un pouvait jeter son violon dans la Seine, le monde entier en serait reconnaissant!) pour avoir poétisé chaque promenade du soir
-Dose et Café Oberkampf pour les cappuccinos qui réchauffent le cœur

Et enfin, merci au 33 rue de Verneuil, ma maison, où je laisse un bout de mon cœur.

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